Weird Wild Wagonism

Publié: 17 septembre 2012 dans Carnet de route - Road notes, Copinages - Friends

Si ce n’est l’Europe en tant que continent, j’ai au moins quitté l’Union Européenne… Depuis une semaine je lis en cyrillique et divise mes roubles par 40 pour avoir une idée du prix en euros… Il fait beau plusieurs fois par jours, mais pas tous les jours… Je suis assis dans un parc, derrière une église orthodoxe dont les coupoles aux couleurs éclatantes chatouillent les yeux, et je repense à ces derniers mois depuis que j’ai quitté la France… En quelques flashs, ça donne :

Bruxelles – orgie de frites croustillantes et de bières toutes plus voluptueuses les unes que les autres… Boire des gueuzes en refaisant le monde au bar du Chab (Fondation V. Van Gogh, auberge de jeunesse et foyer de jeunes travailleurs), en compagnie de Corina, Enzo, Pierrick, Laurent et toute la clique – Inaugurer la « Non peut-être ! », bière artisanale – Une mémorable cuite plus tard me sentir suffisamment déraciné pour goûter aux matchs de la Coupe d’Europe, dans cette capitale européenne aux fenêtres couvertes de tous les drapeaux… Mais ignorer superbement celui de cette équipe soit-disant mienne car une ravissante jeune Zinneke vous laisse savourer son sourire et ses yeux tandis qu’elle se raconte – Profiter de l’appartement gracieusement mis à disposition par Victor, architecte et photographe de talent, dévorer son livre, danser toute la nuit à poil dans le salon et grâce-matiner avec délectation sur la mezzanine – Finir le séjour en mode squat au Khédive, la salle de concert la plus crado de la ville, où le sur-festif camarade Myra me file un bon gros coup de jeune…

Rotterdam – arrivée chez l’adorable Francien, volontaire au Buurtcentrum, un genre de maison de quartier autogérée, ou elle donne des cours de langue et de vélo à des femmes étrangères – Longues marche dans la cité industrieuse – Le pont Erasmus, monumental, et le « Santa Claus with a Buttplug », provocateur, qui se dresse en Pervers Noël en plein centre ville…

Delft – jolie vieille ville bien conservée, avec sa tour penché, comme à Venise, mais surtout, 5 ans après notre rencontre à Barcelone et la Festa Major de Sitges, revoir la ravissante et so sexy Ania, exquise polonaise, maintenant perdue pour la cause car mariée à un (malgré tout) chouette lascar allemand, seul autorisé à couvrir de baisers ses jambes aux lignes si élégantes…

Den Haag – retrouver mon vieux pote Philip, toujours aussi cool, nos discussions toujours aussi passionnantes, et rencontrer sa compagne, la si sympathique Savina, qui travaille comme lui au Tribunal Pénal International, être hébergé par ce couple germano-québécois et aller voir Spiderman en 3D (à chier, à mort les multiplex !) entre deux longues discussions sur les fonctionnement des instances du TPI – Pour finir, s’offrir un énorme pétard d’une excellente sativa sur une plage ensoleillée quasi déserte…

Groningen – retrouver Farah, émoustillante jeune hollandaise connue à Lyon, rencontrer son mec, Youroun, qui travaille dans un coffee shop et avec qui j’aurais droit à une mémorable dégustation de haschisch, m’endormir au petit matin la tête chavirée d’idées sublimes…

Bremen – traîner des jours entiers au Festival de la Breminale, assister au spectacle déjanté de Ben et sa clique puis rencontrer la talentueuse Rilke, comédienne-clown-performeuse qui vit au Bauwagen, le village wagon situé derrière la gare, et apprendre qu’il existe un bon millier de communautés comme celle-ci à travers l’Allemagne – et aussi, toujours à la Breminale, être fasciné par la voix de la si jeune chanteuse de Still in Search, un groupe rock excellent…

The KulturKosmos épisode : « Nous partîmes de nuit avec Gunnar et Toma à bord d’un camion de location pour aller rendre les tentes prêtées par l’équipe du Fusion Festival à ceux de la Breminale. Il était 23h et le ciel nous tombait sur la tête à pleines baignoires, des rideaux de flotte qui tambourinaient sur la carlingue. Trois heures de route. Nous parlions tout le long du trajet, de la vie, du monde, de contre culture, de voyages, de politique, de graff, de femmes et de sexe. Nous parlions vite, sans interruption, passionnément, je pensais à certains passages d »On the Road », de Kerouak, j’avais l’impression d’y être… Arrivée nocturne impressionnante : traversée de l’ancienne base aérienne russe reconvertie en friche culturelle dans une obscurité sans étoiles, installation rapide sur les gradins d’un grand théâtre circulaire et balade jusqu’au cuisines pour un copieux casse-croûte suivi de l’indispensable thé+somnistick. Nous nous couchâmes au petit jour, devinant déjà que nous étions dans un endroit hors-normes. Levés dans la matinée, nous allâmes nous sustenter d’un royal frühstück. Puis, Gunnar ayant à faire, il nous dégota deux vélos afin que je partisse découvrir cet incroyable site en compagnie du jeune Toma. Impression de rouler dans un rêve ensoleillé, une espèce de zone idéale, utopie enracinée dans le concret, gigantisme appliqué d’une ville freaks désertifiée, le paradis fantôme de l’underground… Plus tard nous retrouvâmes le larron et l’aidâmes à décharger le camion, en classant les toiles, bâches et nombreux mâts par tailles, de deux à cinq mètres. Suite à quoi nous allâmes piquer une tête dans le petit lac artificiel creusé par les artificiers fous de ce perpétuel bombardement des sens. Sur le chemin, un dragon émergeait de terre, mirage de vouivre en pays Saxon… Puis Toma s’en allât. J’aidais Gunnar à trier des centaines de caisses de bières vides, consignées, et nous retournâmes au lac pour le coucher du soleil – féerique – un tableau du ciel se dessinait sur l’eau du lac à mesure que le vent tombait… Au retour, nous cuisinâmes un énorme gâteau aux pommes vegan pour la cinquantaine de personnes encore présents sur le site. Le lendemain, je me levais à peine moins tôt que mon collègue, pour arriver au frühstück et apprendre que celui-ci venait de me dénicher un voiture pour Berlin, deux heures plus tard. La perfection toute germanique de ce timing me réjouis.  Deux charmantes punkettes blondes aux sourires ravageurs me conduisirent  à travers la pluie jusqu’en gare de Berlin, ou j’allais prendre le train pour Leipzig. L’une d’elle se rendait le lendemain même au festival Chalons dans la Rue, je lui filais quelques tuyaux… De tout cela je garde la sensation incroyable d’un gros trip au LSD qui serait devenu réel, une base militaire transformée en fantastique playground fur adults… sans oublier les wagons… » (toutes les photos là)

Leipzig – en arrivant je pense qu’il faut dire la vérité sur l’Allemagne de l’Est : ça sent la merde en été ! Je comprends que les vieux teutons aillent tous se dorer la pilule au soleil de la méditerranée dès qu’ils atteignent l’âge de la retraite !! A part ça ? La jolie Josi qui m’ensorcela, j’aurais tombé dans ses draps s’il n’y avait eut le gars Bela, son mec à elle, qu’elle trompait pas, et pourtant : sa peau cuivrée sortant du lac, Ah ! les lacs de Leipzig… Et puis, au sortir de la Parade Intergalactique, une fête mémorable, longue nuit de transe s’achevant sur ces mots griffonnés à la hâte : « Attendre le matin, quand tout semble dormir, et voir un corbeau s’envoler en double ; un carré d’habitants s’éveiller ; une pie s’accrocher à la gouttière pour scruter par le velux ; les cendres de la dernière cigarette qui tombent de quatre étages ; dans les plants de tomates, des corneilles prélever leur dû ; la belle hôtesse se fâcher pour de faux avec son galant trop imbibé ; le vent calmé, quelques nuages s’agripper aux sommets des hauts fourneaux ; une parabole enlaidir le vol du héron ; et la lune, qui résiste à toutes nos ivresses humaines » – Interlude policier : 10€ ! Pas de lumières sur mon vélo et grillage nocturne de feux rouge – Et puis le Meta Rosa, bien sûr, et encore un village de wagons…

Dresden – être accueilli par Myrto et Stefan, qui organisent des échanges européens de jeunes et t’invite à passer le week-end avec eux chez la sympathique Crissie, qui à peine arrivé t’emmène te baigner à poil dans un chouette petit lac de forêt – Découvrir la  »juggling connexion » avec des représentants Espagnols, Italiens, Serbes, Tchèques, Lituaniennes… Et puis retrouver Amy, enfin ! Ma chère pixie a fait la route dans son vieux camper-van pour me rejoindre. Dès les premiers instant me sentir si bien dans ses bras, si amoureux, si à ma place…

Pologne – Traverser en passant par Auschwitz, sentir sur ma nuque le souffle des fantômes, la mémoire de l’Histoire du Mal… Traverser Krakow & Warsaw… Camper en bord de lac dans la parc National de Wigry, non loin de Suwałki, et nager sous un ciel d’apocalypse ! Mais passer si vite que l’on en a finalement pas grand chose à dire, juste des heures de tendresse partagée et de complicité érotique avec mon amoureuse, qui resplendit de beauté chaque fois que je pose les yeux sur elle. Amy conduit son camion et je la regarde, comme un ado son premier amour, fasciné par le moindre sourire.

Lituanie – sur les routes du « Pays de la Pluie » avec une bande de potes rassemblés ici par l’ami Van et sa chérie, la dynamique Svetlana – Frissonner dans les souterrains du musée de la guerre froide, du côté de Plungé – Souvenirs d’ados cramé en arpentant les allées du Karklé Festival – Nida, l’Isthme de Courlande, langue de sable aux dunes grises où les sculptures en bois de la Colline aux Sorcières, visitée en nocturne, nous laissent l’impression étrange d’une faërie toujours vivante, pays des elfes à portée de rêve – Druskininkai, et savourer des enfilades de saunas en tous genres, hammams, bains chaud, douches glacées et jacuzzis – Revenir passer les derniers jours à Vilnius, me voir proposer la botte par Kastys, hôte charmant, qui tente de m’amadouer sur le balcon tandis que les filles discutent à l’intérieur, et refuser poliment pour aller me blottir dans les bras de ma belle… L’heure du départ, enfin, un type ivre mort titube au soleil et je tente de retenir mes larmes au moment de me séparer d’Amy, que j’embrasse comme si c’était la dernière fois, et que je voudrais ne plus lâcher, ne pas la voir partir, surtout qu’elle ne s’en aille pas ! Grimper dans le bus en avalant des boules d’angoisse et vouloir faire demi-tour, tout annuler, juste pour rester auprès de ma pixie tant aimée…

Riga – quelques haïkus, griffonnés après avoir trop fumé, sur un banc, face à une imposante bâtisse de type  »académie des arts sordides » : <Pelotonnée dans sa couette / Sur le toit du camper-van / Amy lit en souriant> <Le Goéland cri / Les corbeaux répondent / Ciel d’été à Riga> <Dans un costume épuisé / Le vieux passe en boitant / Un gros sac dans chaque main> – Regarder passer les gens en attendant le bus de nuit pour St Saint-Pétersbourg, une jeune femmes portant une de ces jupes dont je raffole, les plus seyantes en vérité, celles qui s’arrêtent à mi-cuisses et flottent en laissant deviner la rondeur des fesses. Je pense à ma petite chérie qui en a, de ces jupes là, et sous lesquelles je ne glisserai pas la main avant de longs mois – Enfin le départ pour la Russie, une longue nuit d’ivresse à siroter ma flasque de liqueur pour faire durer l’effet du superbe pétard que je me suis octroyé avant le départ – Passer la frontière russe au petit matin, tout est gris, blême, les douaniers sinistres et je me demande vraiment ce que je fous là… Frissonner en traversant la rivière, sur chaque bord une citadelle austère, jumelles se faisant face, mais deux drapeaux différent les coiffant… Quelques heures plus tard arriver à St Saint-Pétersbourg sous la pluie… Errer pendant des bornes à la recherche d’une banque pour retirer mes premiers roubles, trouver le métro, arriver enfin au Cuba Hostel – Après un chaleureux et très réconfortant accueil, je me précipite sous la douche, chaude, délassante, puis m’allonge sur le lit pour une sieste réparatrice. Au réveil, me régaler de pâtisseries locales, et passer la soirée à siroter des bières en compagnie des autres voyageurs de l’auberge, pour finalement me faire inviter à boire quelques vodka chez les deux sympathiques jeunes russes qui gèrent la maison, Anna & Oxana – Installés sur les toits, voir le soleil se lever et faire briller les coupoles dorées des cathédrales, finir la dernière bouteille de vodka et rentrer à l’auberge en chantant…

Voilà, ça y est, j’y suis, le deuxième acte du voyage peut commencer.

PS: toutes les photos sont sur Fb… désolé !

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