OK Café – Manchester, England

Publié: 12 mai 2012 dans Rézo educ pop - international network

L’Education Populaire est un concept encore faiblement répandu à travers les îles britanniques. Mes recherches en la matière m’avaient donné si peu de contacts que je désespérais d’arriver à rencontrer qui que ce soit en dehors des quelques universitaires recensés sur internet. Il y avait bien Trapese, une organisation basée à Brighton qui me semblait tout à fait correspondre. Las, aux mails envoyés sur deux adresses différentes ils ne répondirent que trois mois plus tard ! Aussi, lorsque Amy me parla de l’OK Café à Manchester, j’étais plutôt emballé. Mieux, elle organisa carrément une rencontre sous forme d’atelier, me proposant d’animer cette initiation à l’éduc pop. Bon, je m’étais dit en partant que ce genre de situation arriverait forcément : être en voyage d’étude n’interdit pas de transmettre sois-même quelques trucs au passage.

OkCafé Manchester Feb-March 2012

Nous voilà donc arrivé ce dimanche 4 mars avec dans le sac les feuillets préparés pour l’occasion. Dès l’entrée je trouvais ce squat éminemment sympathique. L’équipe a réouvert un ancien pub abandonné depuis assez peu de temps pour ne pas être totalement en ruine, ce qui leur permet d’occuper un lieu assez vaste pour recevoir du public, et en assez bon état pour l’aménager confortablement. Passé le hall d’entrée, on entre dans la salle principale avec le bar en son centre. Un tiers de l’espace est aménagé façon bar, avec tables et chaises, un tiers en salon cosi avec fauteuils et canapés, le dernier tiers étant consacré aux jeux : billard et babyfoot. A l’étage, les chambres, où résident les plus actifs des militants. Juste après l’entrée, un peu avant le bar, une porte donne sur la salle de réunions. Mon atelier se déroule en présence d’une dizaine de personnes, d’âges et de classes sociales différentes. Certaines d’entre elles sont particulièrement critiques et je m’aperçois très vite que ma préparation est insuffisante. Au départ, j’ai voulu alterner théorie et pratique, préparant un petit historique, des exercices typiques des formations professionnelles en vie associative ainsi que quelques passages plus politiques sur les fondamentaux du type : définition de la démocratie selon Paul Ricoeur, état des lieux des coopératives d’éducation populaire en France, etc. Malheureusement, ma maîtrise insuffisante de l’anglais ne permet pas une réelle interaction. Je m’embrouille dans mes explications, saute des exercices pratiques et ne comprend pas toujours les questions des participants. Encore heureux que ceux-ci soient compréhensifs… Au bout d’un moment, je décide de lâcher prise et de laisser la discussion suivre son cours sans chercher à la maîtriser totalement. J’essaye cependant, et de façon maladroite, de rester dans la position de l’animateur, surtout en ce qui concerne la gestion du temps ou pour orienter le débat lorsque j’estime qu’il s’éloigne un peu trop du sujet. A la fin de l’atelier, certains me feront d’ailleurs remarquer que tout en parlant de co-éducation et de rupture dans les rapports maître-élèves, j’aurais réussis à garder ma casquette de « sachant » par rapport au reste du groupe, critique qui me cueille juste là où ça chatouille ! Je sors de là un peu épuisé, avec la ferme intention qu’on ne m’y reprendra plus. J’ai maintenant une idée plus précise de ce qu’il aurait convenu de faire, et je vais retravailler mon intervention en espérant faire mieux la prochaine fois.

OkCafé Manchester Feb-March 2012 – meeting

De l’OK Café, finalement, je garde l’image d’un squat à l’anglo-saxonne, très organisé, avec une grande capacité d’autogestion de la part des participants, que ce soit pour le service au bar, le repas à prix libre, l’organisation de la vie quotidienne où le débat qui suit la projection d’un film. En ce sens, et même si le concept n’est pas encore revendiqué comme tel, il y a véritablement éducation populaire à l’OK Café, et, je pense, à travers bon nombre de centres sociaux britanniques. J’ai pu échanger avec les habitants du lieu et observer certains d’entre eux dans leur façon d’agir, juste assez pour m’apercevoir que, de façon consciente, on ne fait pas « à la place de », mais on montre à chacun comment réaliser lui-même ce qu’il désir faire. Une véritable école de l’autonomie. Toute la question se pose maintenant de l’impact de telles organisations sur un plus large public. En dehors de son image de squat ouvert quinze jours tous les deux mois, l’OK Café touche-t-il assez de gens pour avoir une réelle influence à l’échelle d’une ville comme Manchester ? La réponse est bien évidemment non, et les militants en sont assez conscients pour voir plus loin. Le chantier en cours est d’ailleurs significatif, puisqu’il s’agit de trouver un lieu capable d’accueillir une centre social permanent, qui fonctionnerait à l’année, de façon quasi institutionnelle, en parallèle d’un OK Café toujours aussi radical, mais en bonne entente entre les deux équipes. J’espère revenir prochainement à Manchester pour voir cette nouvelle maison ouverte et en fonctionnement.

OkCafé Manchester Feb-March 2012 – bar

Plus d’infos : http://okcafe.wordpress.com – Mail: mcrokcafe@gmail.com

Le compte-rendu de l’intervention (in english) : Popular Education – OK Cafe workshop – march2012

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